Galerie
Art vente
Sylvie Léonard-Photographe
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Offrir une œuvre d’art
FAITES-VOUS PLAISIR !
Nos conseils pour acheter sans se tromper et à tous les prix… Un dossier réalisé en partenariat avec Artprice, leader mondial de l’information sur l’art.
S’offrir une œuvre d’art lorsqu’on ne l’a jamais fait… C’est d’abord balayer quelques préjugés, notamment l’idée que l’art est inaccessible. Il y a bien sûr ces chefs-d’œuvre qui s’envolent à des prix ahurissants : 93 millions de dollars pour le record absolu, le Garçon à la pipe de Picasso vendu l’an dernier par Sotheby’s… Des enchères si exceptionnelles font naturellement progresser le niveau des prix : depuis l’éclatement de la bulle spéculative en 1990, ils n’ont jamais été aussi hauts, affichant une progression de 21,1 %1 en 2004 selon l’Artprice Global Index. Mais le marché de l’art offre aussi de très belles opportunités à des niveaux tout à fait abordables. Savez-vous que la moitié des œuvres est adjugée à moins de 1 000 € ? L’art est donc à votre portée.
Alors, comment acheter ?
« Commencez par vous interroger… Que vaut votre plaisir ? Car le premier vrai investissement en achetant une œuvre d’art, c’est l’incroyable bonheur qu’elle procure. Achetez des choses dans vos moyens mais pour votre plaisir », lance Yoyo Maeght* directrice de la galerie Maeght à Paris* et héritière de ces grands marchands d’art qui créèrent la fameuse Fondation éponyme à Saint-Paul de Vence. Leur secret ? Le regard. Marguerite et Aimé Maeght surent en leur temps user de leur œil pour reconnaître et dénicher les talents : Bonnard, Matisse, Braque, Miro, Chagall, Kandinsky, Giacometti, et plus près de nous, Alechinsky, Rebeyrolle, Gasiorowsky, Adami, Tapies ou Chillida… « II faut apprendre à regarder, en permanence. Ne jamais se contenter de la façon dont on doit regarder, mais porter un regard différent sur tout. Admirez le reflet d’un rayon de soleil sur un toit après la pluie et vous ne verrez plus jamais un tableau de la même manière », confie Madame Maeght.
Existe-t-il des valeurs sûres, garantissant un profit ?
C’est toute la délicate question de l’art envisagé comme un investissement… En France, associer l’art à l’argent semble souvent indécent. De nombreux collectionneurs considèrent pourtant l’œuvre d’art comme une source de profit au-delà du plaisir esthétique. Les prix atteints par certaines enchères laissent rêveur. En 15 ans, l’Hudson River School a progressé de 248 %, l’impressionnisme américain a pris 164 % et la cote de certains artistes contemporains flambe de 300 % en quelques années ! Mais globalement, le marché de l’art est bien moins volatil et les chances de profit restent fragiles. Entre 1997 et 2004, les fluctuations trimestrielles sont en moyenne deux à trois fois moins importantes que celles des principaux indices boursiers. Cette stabilité est d’ailleurs l’un des atouts de ce marché : peu sensible aux crises économiques et aux événements géopolitiques, l’art se fait valeur refuge. Le 11 septembre ne l’a pas affecté ; le prix des œuvres a même progressé de 7 % pendant les six premiers mois de 2003, malgré la guerre en Irak. Mais les grands collectionneurs le savent : inutile de chercher des règles pour investir. «On n’a pas encore trouvé de formule permettant de résumer en une équation la façon d’acheter de la bonne peinture, écrit Maurice Rheims dans Les Collectionneurs. Jusqu’à maintenant, il n’y a guère qu’une seule méthode qui ait porté ses fruits, c ‘est celle consistant à aimer la peinture et non le bénéfice matériel que l’on espère en retirer. Ceux qui laissent un grand nom dans la curiosité ne sont pas des spéculateurs mais des amateurs. » Car l’art est avant tout une histoire de goût. « II ne faut pas chercher un style particulier, confirme Yoyo Maeght. Fiez-vous à ce que vous aimez. Chacun a le droit d’aimer ou de détester une œuvre, sans même savoir pourquoi. Achetez celle qui vous fait plaisir ; elle vous apprendra à en apprécier ensuite une autre, d’un niveau supérieur. L’art est toujours instructif. »
Existe-t-il des clés pour reconnaître un grand artiste ?
« Il est en avance sur son époque, même longtemps après, explique Madame Maeght. Miro ou Braque ne sont toujours pas dans l’air du temps car seule une partie de leur œuvre est devenue connue et est difficile d’accès. Et à ceux qui prétendent que telle œuvre contemporaine aurait aussi bien pu être exécutée par un enfant, elle rétorque : « Lorsque Prévert écrit un poème, il place des lettres les unes à côté des autres et c’est une œuvre d’art. Ça n ‘est ni du René Char ni du Paul Eluard, c ‘est du Prévert. Il y met son esprit. Un peintre ne fait pas autre chose. Et avec encore moins de moyens puisqu’il n ‘existe que trois couleurs… Même lorsqu’il fait des œuvres très différentes, on reconnaît toujours la marque d’un véritable artiste. »
Il y a mille façons d’être collectionneur. Pourquoi ne pas offrir une œuvre en cadeau de mariage ? Un plaisir unique, à partager avec famille et amis. Contemporaine, l’œuvre sera une manière, quelques décennies plus tard, de donner à voir à vos proches le regard que vous portiez sur votre époque… « Pour ne pas faire de scission entre ce que l’on vit et les œuvres dont on s’entoure », achève Yoyo Maeght…
Photographie
LE DÉCLIC DE LA PHOTOGRAPHIE CONTEMPORAINE
Très en vogue, la photographie séduit depuis quelques années une clientèle jeune. Après l’engouement pour les anciens, le marché des photos contemporaines explose. Extrêmement spéculatif, il multiplie les records. Ses amours vont et viennent… Une photo de notre temps !
Succès en rafale à New York
II n’y a encore pas si longtemps, dans les années 90, le seul médium capable de remporter des records et d’entraîner des phases spéculatives était la peinture. De nouveaux supports ont vu le jour ces dix dernières années et il semble que ce renouvellement artistique ait séduit le public. Pourtant, la photographie contemporaine pourrait n’en être qu’à ses prémices même si certains résultats se révèlent étourdissants : 650 000 $ en novembre dernier pour un cliché de Richard Prince chez Sotheby’s New York ; 420 000 € pour Untitled N° 92, 1981, une œuvre de Cindy Sherman, sous le marteau de Philips à la même époque et dans la même ville. On l’aura compris, le marché de la photographie contemporaine est à New York. D’ailleurs, si la cote des photographes américains a progressé, c’est bien grâce aux vacations new-yorkaises menées d’une main de maître par les grandes maisons de ventes internationales, qui ont su, entre autre, récolter les bénéfices d’un marketing ultra-développé.
Spirale inflationniste
Le marché de la photographie contemporaine est avant tout spéculatif : en 2004 près de 3 000 clichés ont été vendus en France, soit dix fois plus qu’il y a douze ans ! En moyenne, les prix de la photographie ont augmenté de 7,6 % par an entre janvier 1994 et décembre 2004, contre 4,4 % pour la peinture, d’après artprice.com. Cependant, il ne faut pas oublier que le marché de la photographie contemporaine n’aurait jamais pu atteindre ces résultats sans l’explosion du marché de la photographie ancienne. Ce sont les 460 000 £ récoltés par Sotheby’s pour la vente de la célèbre Grande vague, Sète, 1855 par Gustave Le Gray en 1999 qui ont fait décoller le marché de la photographie. Ce record a fait prendre conscience au marché de la valeur financière de ce « nouveau » médium.
Enchères ou galeries ?
Les marchands de photos anciennes s’alignent sur le prix des ventes aux enchères. Les œuvres contemporaines sont en revanche plus chères dans les ventes aux enchères que dans les galeries. Souvent jeunes et très fortunés pour avoir surfé sur la vague de la « net économie », ces acheteurs se déplacent peu. Ils sélectionnent les pièces sur les catalogues de ventes et se retrouvent alors à plusieurs à enchérir sur les même œuvres, ce qui fait considérablement augmenter l’adjudication finale.
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Défiscalisation – Achat d’œuvres d’Art
Loi sur la défiscalisation : Achat d’Art
LA DÉFISCALISATION, PENSEZ-Y!
Une entreprise qui investit dans l’art et expose ses acquisitions peut effectuer des déductions fiscales sur le résultat de l’exercice d’acquisition et sur les quatre années suivantes.
Les professionnels qui ont acheté des oeuvres originales d’artistes vivants et les ont inscrits à un compte d’actif immobilisé, peuvent déduire du résultat de l’année d’acquisition et des 4 années suivantes, par fractions égales, une somme égale au prix d’acquisition dans la limite de 5 pour mille de son chiffre d’affaires HT.
En contre-partie de cette déduction fiscale, l’entreprise doit présenter sur 5 ans les oeuvres acquises, au public. Pour les oeuvres dont le prix d’acquisition est inférieur à 5 000 € HT, le Ministre délégué au Budget admet que la condition d’exposition au public soit satisfaite dès lors que l’oeuvre est exposée dans un lieu « accessible aux clients et/ou aux salariés de l’entreprise, à l’exclusion des bureaux personnels ».
• L’article 238 bis AB du code général des impôts, issu de l’article 7 de la loi du 23 juillet 1987 prévoit que les entreprises faisant l’acquisition d’oeuvres originales d’artistes vivants, peuvent déduire une somme égale au prix d’acquisition des œuvres concernées.
• Dans le cas d’achat d’œuvres d’artistes vivants, l’objectif n’étant pas d’enrichir les collections publiques, mais de favoriser la création contemporaine, l’entreprise reste propriétaire de l’œuvre.
• Cette déduction qui est pratiquée par fractions égales pendant cinq ans au titre de l’exercice d’acquisition et des quatre années suivantes ne peut excéder au titre de chaque exercice la limite de 5 pour mille du chiffre d’affaires, minorée du total des déductions mentionnées à l’article 238 bis AA du CGI, et doit être affectée à un compte de réserve spéciale figurant au passif du bilan.
• En cas de changement d’affectation ou de cession de l’oeuvre ou de prélèvement sur le compte de réserve, les déductions pratiquées sont immédiatement réintégrées.
• La décision de pratiquer cette déduction relève de la gestion de l’entreprise et n’est subordonnée à aucune autorisation préalable de l’administration.
• L’entreprise qui décide de pratiquer cette déduction doit joindre à sa déclaration de résultats un document conforme au modèle présenté par l’administration.
• L’œuvre est enregistrée en immobilisation. Une réserve correspondant aux déductions effectuées crée au passif du bilan est réintégrable aux bénéfices imposables si l’oeuvre cesse d’être exposée au public ou est cédée.
• Dans le cas de cession, les excédents éventuels sur le prix d’acquisition seront assujettis aux régimes des plus values professionnelles, et bénéficieront pour les cessions au-delà de deux ans de l’imposition à taux réduit.
• La cession de l’œuvre d’art acquise dans ce cas par une entreprise est soumise à la TVA à taux réduit. L’article 7 de la loi du 23 juillet 1987 prévoit également la possibilité de créer une provision pour dépréciation de l’œuvre dans le cas où la dépréciation constatée excéderait les déductions déjà opérées.
Extrait du Code Général des Impôts
Art 238 bis AB
Acquisition d’œuvres d’art. Les Sociétés peuvent déduire de leur résultat imposable de coût d’acquisition d’œuvres originales d’artistes vivants inscrites à l’actif immobilisé à condition qu’elles restent exposées au public. Cette déduction s’effectue par fractions égales sur les résultats de l’exercice d’acquisition et les quatre années suivantes pour les œuvres achetées à compter du 1.1.2002 (ou des neuf ou dix-neuf années suivantes pour les autres œuvres suivant qu’elles ont été acquises à compter du 1.1.1994 ou avant cette date).
La déduction effectuée au titre de chaque exercice, inscrite à un compte de réserve spéciale, ne peut excéder la limite de 5 p.mille du chiffre d’affaires, minorée du total des autres déductions opérées au titre de mécénat.
Exemple
Une entreprise ayant un CA de 200 000 euros acquiert 6000 euros d’œuvres originales d’artistes vivants.
Le plafond de déduction est égal à 200 000 X 5°/oo =1000 euros.
La déduction fiscale: 6000 X 1/5 =1200 euros reste limitée à 1000 euros (les 200 étant perdus).
Sur un résultat imposable de 10000 euros, l’entreprise déduira 1000 soit 9000 euros soumis à l’impôt.
Le montant porté en réserve sera de 1000 euros.
Le retrait de l’exposition au public, la cession de l’œuvre ou le prélèvement de la réserve spéciale générera l’imposition de la réserve.
Enfin, un imprimé spécial de suivi des dépenses de mécénat est à annexer à la déclaration de résultat de l’entreprise.
Par ailleurs, les œuvres d’art visées ne sont pas soumises à la taxe professionnelle (art. 1469 du CGI)


